Quand j’étais au lycée, j’ai eu des assistants de langues, qui secondaient mes profs, d’anglais ou d’espagnol dans mon cas.

Il y avait cet assistant d’anglais qui nous avait montré les traditions anglaises à la période de Noel via le début du film Bridget Jones. Une autre fois, il avait essayé de nous faire apprendre les paroles de la chanson “Murder on the dancefloor” de Sophie Ellis Bextor, mais il était finalement plus intéressé par la chorégraphie.

Il y avait aussi cette assistante d’espagnol, qui avait essayé de nous faire travailler notre prononciation en utilisant la chanson de Sca-P : “Legalizacion” (de nos jours, les parents porteraient probablement plainte…).

Vous l’avez compris : les assistants de langues m’ont marqué. Plus de 10 ans après la fin du lycée, je me souviens encore de certaines anecdotes. Je ne serais pas étonnée s’il s’avérait que mes amis de la série L ne se souviennent plus de ces détails. Il faut dire que j’aimais les cours de langues du lycée, je n’ai pas toujours eu de bons profs… mais j’ai eu des assistants.

A l’époque, je m’étais déjà dit que ce devait être un métier cool : vivre dans un pays étranger et transmettre sa culture tout en enseignant sa langue maternelle… et en ayant le droit de faire le clown!

Des années plus tard, de septembre 2012 à juin 2013, à la fin de mes études, je devenais moi-même assistante, de français, dans un collège anglais.

L’Angleterre fut un choix stratégique : peu de refus (et je voulais vraiment être acceptée pour éviter la case Pôle Emploi), des echos très positifs de la part de mes collègues de fac ayant déjà fait cette expérience, et un timing approprié (prise de poste en Octobre, deux semaines après la fin officielle de mon Master).

Chaque expérience peut être différente, selon le pays où vous vous rendez, l’âge de vos élèves, les attentes de vos collègues (les profs titulaires). Voici en quelques lignes en quoi consistait mon job.

Je travaillais dans une high school : en Angleterre, c’est grosso modo l’équivalent du collège. Je travaillais principalement avec les Year 9, 10 et 11, les équivalents de la 4ème, 3ème et 2nde. Et, très imporant, j’étais dans un collège de campagne où les élèves se fichaient pas mal du français, de l’école en général… Challenges à venir

Les Years 10 et 11 avaient un examen de français à préparer : le GCSE, qui se situe à mi-chemin entre notre brevet et notre baccalauréat. Je ne vais pas m’aventurer à vous expliquer le système scolaire britannique, au risque de vous perdre en cours de route. En résumé : plusieurs épreuves de français, dont une épreuve orale. L’examinateur pose des questions à l’étudiant (sur lui, sa famille, sa ville, ses hobbies, etc etc), l’étudiant répond. Premier challenge en tant qu’assistante : aider les étudiants dans la préparation de leur examen oral. Prononciation principalement, car je suis française (ce qui n’est pas le cas de la majorité de mes collègues), mais aussi rédaction de réponses aux questions. En Angleterre, le par coeur est de mise à l’oral et les élèves oublient rapidement de quoi ils parlent. Ok, on reprend les réponses aux questions, et on fait de la traduction mot à mot (si mes profs de fac me lisaient, ce serait la crise cardiaque assurée), mais avec ces ados loin d’être motivés, la traduction est la meilleure méthode afin qu’ils comprennent ce qu’ils essaient de dire en français. S’aventurer à leur expliquer la grammaire française est un challenge inimaginable, mes élèves ne maitrisant même pas la grammaire de leur langue maternelle (bienvenue dans les pays anglophones, même topo en Australie comme j’ai pu le constater plus tard…)

Autre mission : donner des cours de français, au même titre que mes collègues, les autres profs. Les classes étaient composées d’au moins 20 étudiants, c’était beaucoup (souvenez-vous, quand on avait des cours d’anglais ou d’espagnol à l’école, on était souvent en demi-groupe). J’avais donc régulièrement avec moi environ 8 étudiants, et nous faisions le même programme que les autres élèves restés avec la prof. Dans certains cas, mes collègues les profs choisissaient quels élèves venaient avec moi, dans d’autres cas, j’embarquais les élèves volontaires. Et quand vous avez des volontaires qui demandent systématiquement à avoir cours avec l’assistante parce qu’ils la trouvent cool, et qui s’investissent et participent quand vous leur posez une question, alors que la prof ne peut pas leur faire dire un mot, ça fait plaisir pour l’assistante. 🙂 Pendant ces cours, on fait des activités sur le lexique, la grammaire, un peu de culture française, de la conversation (tout l’intérêt d’être avec l’assistante).

Autre mission en tant qu’assistante : faire découvrir la culture française à ces ados qui se fichent pas mal de la France. Entre Power Point photos, visionnage de vidéos, chansons avec textes à trous, jeux… toute activité était bonne à attirer l’attention des élèves, faire en sorte qu’ils apprennent quelque chose, ou au moins qu’ils s’intéressent à ce que j’essayais de leur expliquer sur la France et ses coutumes.

Et enfin, autres missions, en vrac : corriger des copies, faire des enregistrements audio pour que les élèves pratiquent leur compréhension orale, créer encore plus de matériel pour les élèves, surveiller les examens, assister le prof avec des classes entières, faire le clown de temps en temps, encourager les élèves, se souvenir de leur nom (et il y en a un paquet), essayer d’être cool… et même être accompagnatrice pour un voyage scolaire (il faudra que je vous fasse un article sur cette expérience-là).

Travailler dans un collège anglais, c’est finalement assez drôle. Je fais plus jeune que mon âge, et c’est parce que les élèves portaient des uniformes que le personnel de l’école savait que je n’étais pas une élève.

Je n’avais pas de salle attitrée et je faisais cours dans le préau.

Je me rends compte que cet article ne sonne pas très positif, pourtant j’ai adoré mon année comme assistante. Un peu frustrant de ne pas être titulaire et de ne pas avoir plus de responsabilités, et finalement seulement 14 heures de cours par semaine.

Mais ça permet de prendre du temps pour soi, de se remettre à la musique et de s’inscrire à la gym, de profiter, de découvrir l’Angleterre, de rencontrer des locaux, de faire d’autres rencontres (Isa and Camille, I miss you girls… 🙁 ), de vivre tranquillement tout en étant bien payé… ^^ C’est aussi assister à des formations vous permettant de rencontrer les autres assistants de votre région (campagne oblige, il y en avait peu dans la région où je vivais, mais quand même) ; un jour je vous ferai un article sur le Suffolk, ma campagne anglaise, elle le mérite.

Et si vous souhaitez devenir assistant de français, rendez-vous sur le site du Ciep (vous devez être encore étudiant au moment où vous postulez).

Petite photo souvenir de l’équipe du département des langues étrangères.

 

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One thought on “Assistante de français : souvenirs souvenirs…”

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