Cette année, cela fait cinq ans que je me suis lancée comme prof de FLE à mon compte, et cela fait aussi deux ans que j’ai commencé à enseigner l’anglais de façon officielle, et aussi dix ans que je me suis lancée techniquement dans le FLE en commençant mon Master et en ayant mes premières expériences dans l’enseignement. Ca en fait des anniversaires et des célébrations! Mais plutôt que de faire un bilan ici sur le blog comme je le fais d’habitude, cette année j’ai plutôt eu envie de vous parler de comment je suis devenue prof.

Vous avez déjà eu un bon aperçu de mon parcours à travers un bon paquet d’articles, en particulier celui-ci. Mais comment je suis devenue prof? Ca je ne vous en ai jamais vraiment parlé en détail. Et vous allez constater que pendant un certains temps, c’était loin d’être gagné, mais aussi que l’enseignement fut à un moment donné le dernier choix de carrière que j’envisageais! ^^

Voici donc quelques étapes dans le choix de votre carrière (basées sur mon expérience) ainsi que divers conseils pour vous guider je l’espère dans la bonne direction :

Prenez votre temps :

Vous n’êtes pas obligé de choisir un job une fois votre Bac en poche et de vous y tenir pour le reste de votre vie! Si vous saviez le nombre de carrières auxquelles j’ai pu penser! Honnêtement, pendant les six premières années après le lycée, je n’avais aucune idée vraiment précise de ce que je voulais faire.

Je savais que j’aimais parler d’autres langues que le français. C’était pour cette raison que je m’étais embarquée dans une première année de Langues Etrangères Appliquées Anglais Espagnol juste après le lycée. Mais j’avais été rapidement dégoutée de l’espagnol, et je n’avais jamais aimé les matières appliquées telles que le droit, la gestion ou l’économie. C’était donc pour ces raisons là que je m’étais réorientée un an plus tard en Licence d’anglais.

Et lors de mes premières années comme étudiante, je savais aussi que je voulais voyager et tout le monde me disait que je devrais travailler dans le commerce international ou le tourisme. Mais si vous n’aimez pas la gestion ou l’éco, vous pouvez faire une croix sur ce type de carrière.

Autre idée qui m’est passée par la tête et qui y est restée un moment : je voulais devenir traductrice. Mais pour obtenir un diplôme dans ce domaine, il vous faut être trilingue, et oui, et je ne le suis pas!

J’ai finalement décidé de devenir prof alors que j’entamais ma deuxième année de Master, et cela faisait déjà sept ans à ce moment là que j’avais fini le lycée! Donc, oui, il m’aura vraiment fallu pas mal de temps pour me décider sur ce que je voulais faire de ma vie! ^^

 

Savoir ce que vous aimez :

J’aime le relationnel, et parler des langues étrangères, j’aime aussi m’amuser à décortiquer la langue française, et enseigner me tentait de plus en plus. Mais un gros frein venait se mettre sur mon chemin : la voie la plus normale et commune quand on veut enseigner, c’est de travailler dans l’Education Nationale et donc enseigner à des enfants ou des ados qui n’en ont rien à foutre. Et ça, je ne voulais pas. La seule solution que j’avais alors que j’étais en Licence d’anglais pour contourner cette barrière, c’était de faire une thèse pour enseigner en fac (oui oui, j’y ai pensé, et en toute honnêteté, cette idée ne m’a jamais complètement quittée!) Seul hic : je voudrais faire une thèse sur un sujet qui me branche, et à l’heure actuelle je n’ai pas encore trouvé.

Ce n’est que biennnnn plus tard dans mes études, alors que j’étais en fin de Licence, que j’ai découvert qu’il est tout à fait possible d’être enseignant dans le privé avec des adultes ou à son compte, et qu’il est donc possible de travailler dans l’enseignement sans forcément être dans l’Education Nationale. La découverte de cette option de carrière fut ma révélation.

 

Bosser dur pour arriver à vos fins :

Lorsque j’ai commencé à enseigner, j’avais des objectifs et critères très précis. J’aurais pu choisir la facilité, mais je voulais m’en tenir à mes critères pour construire mon CV comme je le voulais. Prenons par exemple mes premières expériences dans l’enseignement :

Pour mes deux stages de Master, je voulais que les deux se fassent à l’étranger. Je voulais faire le premier pendant l’été entre mes deux années de Master, et je voulais que le deuxième dure un semestre entier et soit à temps plein, et cerise sur le gateau, pour le deuxième stage, je ne voulais pas rester en Europe. Ca en fait des critères !!! J’ai eu d’autres options et possibilités de stage qui ne répondaient pas à ces critères, j’aurais pu choisir la facilité et choisir ces premiers choix de stage… et ne pas en être satisfaite… Je suis aujourd’hui tellement contente d’avoir persévéré pour trouver les stages que je voulais vraiment. J’ai tellement appris lors de mon stage en Pologne en Master 1 car je ne pouvais pas utiliser le polonais pour mes cours. Et j’ai tellement appris pendant mon stage au Canada en Master 2 car j’ai découvert les règles strictes d’une Alliance Française avec ses programmes, ses livres, ses forfaits… et tout ça sur une période de six mois et pas juste quelques semaines.

Et alors que je commençais tout juste ma deuxième année de Master, que je faisais déjà les papiers pour mon visa canadien, que j’avais trente heures de cours par semaine à la fac, et que je travaillais vingt heures par semaine en babysitting et cours particuliers, j’ai aussi pris le temps d’aller aux réunions d’information et de faire toute la paperasse pour pouvoir passer un an en Angleterre comme assistante de français car je savais que c’était une experience professionnelle que je voulais avoir sur mon CV et qu’il fallait absolument que je fasse toutes les démarches en étant encore à la fac, malgré mon planning déjà surchargé. ^^

Et concernant mon job à Toulouse dans une école linguistique que j’ai commencé moins d’un mois après mon retour de PVT en Australie, en 2014. Vous croyez que j’ai attendu que le job tombe du ciel? Oh non, j’ai commencé à envoyer des CV plus de deux mois avant la fin de mon PVT! Et j’ai commencé ce travail alors que je squattais le canapé d’une copine et que je n’avais pas d’appart, voilà à quel point j’étais proactive!

Mais pour chacune de ces expériences, je me suis donnée à fond pour avoir ces opportunités de travail, et j’ai travaillé dur pour toutes mes expériences pro, car, c’est simple, j’ai toujours adoré chacune de mes expériences.

Après, je ne dis pas que j’ai été ultra chanceuse et heureuse dans toutes mes expériences. Les expériences, mauvaises ou juste moins positives, ça peut arriver à tout le monde. Prenez mon expérience comme contractuelle par exemple. Après probablement une semaine sur place, je savais déjà que ce job ne me convenait pas. Mais j’ai quand même bossé dur. J’ai énormément appris sur l’enseignement de l’anglais et la pédagogie. C’était dur, mais je me suis donnée à 100% car je savais que cette expérience allait m’ouvrir des portes, mais aussi et surtout parce que je savais que ce job n’était pas pour toujours.

 

Ne pas penser à votre salaire :

Devinez quoi : le FLE dans le privé, et surtout en France, ce n’est pas toujours bien payé! Mais si c’est votre passion, il faut passer outre! Ok, vous avez besoin d’argent pour remplir le frigo, payer votre loyer, vos meubles, vos passions… mais si vous êtes misérable au taf, vous ne serez pas heureux même si vous gagnez le jackpot financier. Si le salaire du prof de FLE avait été important pour moi, jamais je ne me serais lancée dans cette carrière… et j’aurais eu bien tord! Car oui, j’ai eu des jobs mal payés, mais j’ai jamais fini sur le trottoir et même, j’ai bien profité de mes 20 ans avec de multiples voyages et expatriations que j’ai bel et bien pu me payer seule (le secret sur mes finances est dans cet article). Aujourd’hui, j’ai un job à temps partiel en France qui ne me permet pas forcément de payer toutes mes factures… mais à coté de ça j’ai ma micro-entreprise qui me rapporte bien plus en moins de temps de travail!

 

Ne vous contentez pas d’un job traditionnel :

Si j’avais fait ça, je me serais alors dit que le seule moyen de travailler dans l’enseignement était de travailler dans l’Education Natonale et je n’aurais jamais eu les expériences pro que j’ai eues.

Ceci peut être une bonne conclusion pour cet article : ne choisissez pas la facilité, ne choisissez pas ce qui vous tombe dessus par hasard par défaut car vous n’avez rien d’autre, ne restez pas dans le moule traditionnel!

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