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La première fois que j’ai été au pair, c’était un peu par hasard, et je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. Je n’ai jamais regretté.

Septembre 2008 : Je veux partir dans un pays anglophone pendant une année entière pour travailler mon anglais et après pouvoir finir mes études en Licence d’anglais.

Je ne suis jamais partie seule, et je ne suis jamais sortie d’Europe. On me conseille de devenir au pair : job trouvé avant de partir et donc une sécurité une fois sur place : un logement en famille d’accueil et un travail qui t’attendent. Rien de vraiment officiel, si ça se passe mal, tu pars, tu rentres en France ou alors tu cherches une nouvelle famille. Je me laisse tenter par l’idée.

Je m’inscris sur aupair-world : site gratuit, les au pairs créent leur profil et peuvent consulter les profils des familles et vice versa. On peut choisir certains critères : le pays, les langues parlées dans la famille, le nombre d’enfants et leur âge…

Je vais vivre avec cette famille en permanence pendant une longue période, mes colocs seront aussi mes patrons. Le choix de la famille est donc très important, je ne saute pas sur la première venue.

Je ne suis pas prête, pour un premier voyage seule, à partir très loin. Mon objectif principal est de parler anglais. Je focalise mes recherches sur le Royaume Uni et l’Irlande. Je suis la plus jeune de ma famille et je ne me suis jamais occupée de bébés, j’élimine les familles avec des nouveaux nés. Je sélectionne quelques familles, entre en contact, croise les doigts pour qu’ils m’apprécient… après plusieurs échanges, une famille à Dublin est prête à m’accueillir : je rêve de découvrir Dublin et l’Irlande, famille musicale, deux filles de 7 ans et une autre de 5 ans, témoignage plus que positif de la part de l’une de leurs anciennes au pairs… J’accepte le poste. Un vol Ryanair Carcassonne Dublin plus tard, ma première experience d’expatriée commence.

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Je fais des tâches ménagères trois matins par semaine, ce qui me permet de prendre des cours d’anglais les deux autres matins de la semaine. J’aide les petites à faire leurs devoirs et à pratiquer leurs instruments de musique quand elles rentrent de l’école. Je vais les encourager à leurs matchs de basket. Je cuisine les diners les soirs de semaine (et je découvre que je suis en fait capable de cuisiner!), on fait des jeux ou des soirées DVD, on prépare des brunchs le samedi matin…

Vous l’aurez compris, être au pair, ce n’est pas compliqué! Je m’entends à merveille avec toute la famille et j’ai l’impression d’être la grande soeur, j’adore! Et surtout, je parle anglais! Je suis entourée de natifs en permanence, je progresse, et j’adore encore plus!

Grâce à eux, je rencontre des gens, des inconnus qui deviendront des amies : l’assistante de français de l’école de mon père d’accueil qui deviendra ma confidente autour d’incalculables tasses de thé, l’au pair d’une autre famille amie avec la mienne, cette américaine avec qui j’ai découvert Temple Bar, Dublin et une bonne partie de l’Irlande… Les soirées arrosées et les rencontres s’accumulent, parfait!

L’expérience est une vraie réussite. Fin Juin 2009, je finis mon travail avec cette famille… et je décide de retenter l’expérience dans une autre famille en attendant de retourner à la fac en Octobre !

Mon année à Dublin m’aura permis de rencontrer de nombreux voyageurs venus du monde entier. Et l’envie de découvrir le monde est devenue un besoin : j’ai besoin, entre juin et octobre, de sortir de l’Europe et de découvrir un pays qui me fait rêver. Un pays anglophone, pour continuer à pratiquer mon anglais, objectif premier de cette année à l’étranger.

La météo irlandaise me donne envie d’aller dans un pays avec du soleil pour profiter d’un été digne de ce nom. J’écarte l’Australie, la Nouvelle Zélande, et tout autre pays de l’hémisphère sud, qui seront plongés dans l’hiver.

Concentrer mes recherches sur Les Etats Unis et le Canada me semble une évidence. Le continent Nord Américain m’a toujours fait rêver, je sens que le moment est venu d’y mettre les pieds.

J’accepte l’offre d’une famille canadienne qui vit dans une petite ville dans l’ouest du pays, car c’est la seule option que j’ai. Au début, je ne sais pas trop quoi penser, je voulais être dans une grande ville, avec des grattes-ciel, des possibilités de sorties, des parcs immenses, beaucoup de monde… sans succès. Je voulais aussi être en Ontario, raté aussi… Mais on me dit aussi que la Colombie Britannique, là bas tout à l’ouest, la province où vit la famille, est la plus belle province du Canada, on me parle de parcs nationaux, de lacs magnifiques, de randonnées, de montagnes grandioses… Je n’ai jamais vécu à la campagne, mais les profils facebook des membre de la famille me montrent une famille heureuse dans une belle maison au milieu des Rocheuses. Je m’envole pour l’ouest canadien.

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Pendant deux mois, je vis au rythme d’une nouvelle famille. Je travaille du lundi au vendredi, du moment où je sors de mon lit jusqu’au moment où le petit dont je m’occupe se couche le soir. Mais on fait beaucoup de jeux, beaucoup de balades, on va se baigner dans le lac de la ville, on organise des “play dates” avec ses copains, on parle anglais, mais aussi français (le petit parle anglais à la maison mais français à l’école et je dois l’aider à continuer à pratiquer pendant ses vacances d’été, un avant gout de mon futur métier!), pas de tâches ménagères à effectuer dans cette famille, mon job est de m’occuper du petit et rien d’autre. Il est plein d’énergie et le rythme est fatigant, mais je n’ai finalement pas le temps de me reposer : les parents de ma famille d’accueil sont à peine plus âgés que moi, et ce sont des fêtards : je finis toujours par boire des coups avec eux presque tous les soirs. Et ce sont aussi des aventuriers qui partent en rando ou camping ou voyage tous les weekends, et tous les weekends je suis de la partie. Je suis payée une misère mais en contrepartie je découvre Nelson (ma ville d’accueil) et ses alentours, le sud de la Colombie Britanique, de Vancouver jusqu’au parc national de Banff, l’Alberta avec Calgary et ses environs, et tout cela sans dépenser un centime!!! Le fait de n’être presque pas payée est finalement loin d’être un problème! J’ai la gorge serrée quand je remonte dans l’avion pour revenir en France…

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Après cette année comme au pair, je reviens au pays avec des fourmis dans les jambes et une envie permanente de repartir et découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles cultures… Pendant 4 ans, je roule ma bosse entre études, voyages en sac à dos et expatriations en mode prof de FLE.

Mais en juin 2013, je décide de partir en Australie et je n’arrive pas à trouver de travail en tant que prof avant de partir. Aller sur place malgré tout et postuler pour du travail comme prof en personne, sans avoir de sécurité sur place (un logement, un travail, un salaire assuré) me fait un peu peur. Entre le billet d’avion, le visa et l’assurance, une bonne partie de mes économies va s’évaporer, et je sais qu’en Australie, la vie est chère, TRES chère, je ne veux pas prendre le risque de dilapider mes économies en Australie en attendant de trouver du travail et de revenir en France deux semaines plus tard ruinée et dépitée. Je repense à mes anciennes expériences d’au pair, et décide de retenter l’expérience en Australie, idéalement dans une grande ville et à mi-temps, pour pouvoir compléter mon temps libre avec des cours de FLE.

Je trouve la famille idéale : 2 enfants déjà grands, 9 et 12 ans, qui ont surtout besoin de supervision pour leurs devoirs et d’un chauffeur pour leurs activités scolaires quatre après-midis par semaine, ceci complété par trois matinées de tâches ménagères. La famille est adorable et je m’y sens comme un poisson dans l’eau. Je suis libre plusieurs jours par semaine, je rencontre plein d’autres au pairs et backpackers, je pars en vacances avec la famille en plein Outback et sur des plages paradisiaques et tout ça gratuitement (y compris la journée passée en mer à admirer les coraux et à nager avec un requin baleine : tour qui coûte plus de 300 dollars et que la famille m’a payé : le rêve!)

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BREF, trois expériences, difficilement comparables, mais qui ont toutes un point commun : elles ont toutes été des expériences positives!

Au niveau relationnel, j’ai rencontré des gens incroyables avec qui je suis toujours en contact.

Au niveau culturel, vivre dans un pays étranger avec une famille locale est tellement mieux que de ne partager son quotidien qu’avec d’autres français (pourquoi partir de la France dans ce cas là?)

Au niveau linguistique, car aujourd’hui, oui, je me considère bilingue.

Au niveau financier, vivre comme au pair ne m’a jamais coûté d’argent, ça m’a plutôt permis de faire des économies pour financer mes voyages suivants (j’ai payé la totalité de mon voyage au Canada + mon inscription à la fac en octobre suivant grâce à l’argent gagné en Irlande. Et l’argent économisé en Australie m’aura permis de me payer cinq semaines de voyages en Nouvelle Zélande et deux semaines en Australie entre Sydney Melbourne et Adelaide).

Au niveau personnel, j’ai appris énormément sur moi même lors de ces trois expériences et j’ai pu découvrir les trois pays qui m’ont si bien accueillie.

Sachez aussi que le job d’au pair peut être à la portée de tous, y compris la gente masculine!

Par exemple, en Irlande, je connaissais un garçon au pair qui n’avait aucun problème à faire des tâches ménagères ou la cuisine, et qui s’occupait d’un petit garçon de 7 ans : il me disait retomber en enfance en jouant aux petites voitures et jeux vidéos et il était vraiment content de partager avec le petit sa passion pour le foot.

Autre exemple, en Australie, ce garçon au pair, qui avant d’être au pair travaillait dans le milieu médical, et qui a choisi de travailler dans une famille avec un enfant handicapé : un excellent moyen de voir autre chose qu’un hôpital tout en enrichissant son CV dans son domaine!

Alors, voyager tout en étant au pair : convaincu? 🙂

0 thoughts on “J’ai testé : Voyager et Travailler comme Fille Au Pair.”

  1. C’est marrant, on a attrapé le virus de l’expatriation de la mème façon : J’ai d’abord été au pair à Madrid puis qqes années plus tard à Londres (et après de nouveau l’Espagne, puis le Canada et maintenant les US).

    Par contre, j’ai eu des expériences de au pair très différentes, en changeant de famille d’accueil dans chacun des pays (ils cherchaient une femme de ménage dans les deux cas !) Ma deuxième famille en Espagne est un de mes meilleurs souvenirs, c’était il y a 15 ans et nous sommes toujours amis proches 🙂

    Je découvre ton blog avec plaisir, hâte d’en savoir plus 😉

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