Voilà enfin la FAQ dont je vous parle depuis plusieurs semaines! Après avoir répondu à vos questions sur le PVT en Australie et sur la création de ma micro-entreprise en Australie, aujourd’hui, je vous parle plus en détails de mon métier de Prof de FLE, particulièrement de mes méthodes de travail et de ma p’tite carrière en général.

Quel est ton parcours scolaire et universitaire?

J’ai eu mon Bac Littéraire spécialité anglais renforcé en 2004. Puis je suis partie à Toulouse pour faire mes études. J’ai d’abord fait une première année de LEA qui ne m’a pas du tout plu, je n’aimais que les cours d’anglais donc l’année suivante je me suis réorientée en LLCE Anglais. A l’époque, j’étais loin d’être bilingue, mais j’ai quand même validé, difficilement, ma première et ma deuxième année.

Par contre, mon niveau était trop juste pour valider toutes les UE de ma troisième année, nous étions à ce moment là en Septembre 2008 et j’ai donc décidé de mettre la fac de coté pendant un an et de partir en pays anglophones pour pratiquer mon anglais. Cette superbe année m’aura permis de vivre en Irlande et au Canada. A mon retour en Octobre 2009, j’ai repassé ma troisième année de Licence et j’ai pris en plus, un peu par hasard, le complément de Formation de FLE, et là, ce fut une révélation!

En Septembre 2010, j’ai commencé mon Master Professionnel Enseignement et Didactique du FLE, toujours à l’université de Toulouse, j’ai eu l’opportunité de faire des supers stages, et j’ai eu mon diplôme en Septembre 2012.

 

Dans quels pays as-tu travaillé comme Prof de FLE?

J’ai travaillé deux mois en Pologne en 2011, six mois au Canada en 2012 et neuf mois en Angleterre entre 2012 et 2013. J’ai par la suite créé mon entreprise pour être Prof de FLE en Australie en tant que Freelance en 2015, entreprise toujours active aujourd’hui même en habitant en France! (tous les articles Freelances sont ici!). J’ai également eu plusieurs expériences de durées différentes en France, notamment à Toulouse dans une école de langues pendant six mois en 2014, et à Narbonne dans une autre école de langues où je travaille à temps partiel depuis Août 2018.

Pour tous les détails sur mon parcours scolaire, universitaire et professionnel, ça se passe dans cet article! Et pour les détails sur chaque expérience, c’est là!

 

Pourquoi avoir choisi ce métier (hasard, opportunité, passion…)?

Bonne question! J’ai toujours aimé les langues, particulièrement l’anglais, mais je ne m’imaginais pas travailler dans l’Education Nationale (mon expérience dans ce domaine en 2018 m’a prouvé que j’avais toujours eu raison!). J’avais pensé devenir traductrice, mais dans tous les cursus, il faut être trilingue, et ce n’est pas mon cas!

C’est vraiment par hasard, lors de mes voyages par exemple, mais aussi par le bouche à oreilles entre étudiants, que j’ai découvert qu’il est tout à fait possible de travailler dans l’enseignement des langues sans pour autant passer un Capes et se retrouver dans l’Education Nationale. Ce sont des amies de fac qui m’avaient parlé du FLE, heureusement qu’elles étaient là pour me conseiller! (car finalement les conseillers d’orientation que j’ai croisé dans ma vie étaient tous à coté de la plaque!). J’ai donc découvert ce métier par hasard mais c’est vraiment devenu une passion.

 

Est-ce vraiment possible de combiner FLE et voyages?

Absolument! Vous pouvez tout à fait trouver un travail à l’étranger, y travailler pour une certaine période, profiter de votre pays d’accueil et voyager pendant vos weekends et vacances, et une fois que vous en avez assez (ou que votre contrat se termine), vous pouvez aller travailler ailleurs, dans un autre pays voir un autre continent si vous avez les moyens.

Car oui, l’aspect financier est très important. Dans la casi-totalité des expatriation d’un prof de FLE, le prof a à sa charge : le billet d’avion, les frais de logement, de visas, les assurances voyages… Vous devez être capable de bien gérer vos finances pour arriver à enchainer plusieurs expatriations, mais c’est possible!

 

Est-il nécessaire d’avoir déjà un permis de travail dans un pays hors Europe pour y chercher du travail dans le FLE? (Par exemple, est ce qu’il faut d’abord avoir le droit de travailler au Canada avant de candidater?)

Ca dépend des pays et des structures. Par exemple, lorsque j’ai travaillé au Canada, je n’avais pas de permis de travail lorsque j’ai postulé pour du travail, et c’est l’école qui m’a sponsorisé pour que j’obtienne mon visa. Un autre exemple : je suis allée en Australie avec un PVT mais je n’ai pas trouvé de travail dans l’enseignement car la priorité était donnée aux résidents. Mon conseil : postulez dans les pays où vous voulez travailler, et vous verrez bien si les structures acceptent de vous sponsoriser, ou pas!

 

A quoi doit ressembler un CV de Prof de FLE lors des premières recherches de travail sans expérience?

Très bonne question, et on me la pose très souvent! C’est d’ailleurs un sujet très vaste donc je ferai un article spécial sur ce sujet, patience 😉

 

Que penses tu des postes d’assistants de langue française?

Je pense que ce sont de supers expériences pour le début de votre carrière! J’ai adoré mon expérience comme assistante en Angleterre!

Vous êtes en général très bien entourés dans tout ce qui concerne votre arrivée, votre installation, les paperasses administratives de début de contrat comme l’ouverture d’un compte en banque… si c’est votre première expatriation, c’est vraiment génial d’avoir des gens autour de vous pour vous guider dans tout cela.

Et concernant le travail, c’est la même chose : vous assistez les profs titulaires, et si vous avez des groupes (voir des classes entières dans certains cas) à gérer, vous êtes en général très bien épaulé. Donc vraiment, allez aux réunions organisées par le CIEP dans votre université pour avoir toutes les infos pour devenir assistant, et foncez!

Mon seul regret : ne pas avoir participé à d’autres programmes, comme Amity et Fullbright pour être assistant aux Etats-Unis 🙁

 

As-tu fait des candidatures spontanées pour tes stages de Master? Quel est la bonne période pour candidater?

Alors, pour mon stage de M1 en Pologne, j’avais répondu à une annonce publiée sur fle.fr, il me semble vers Avril ou Mai pour un départ prévu fin Juin! Tout s’était organisé très vite, et très bien, j’avais eu beaucoup de chance!

Pour mon stage de M2 au Canada, je voulais partir pour six mois entre Janvier et Juillet, et je voulais partir en dehors de l’Europe. Je savais que la procédure serait donc beaucoup plus longue et compliquée notamment à cause des visas. J’ai donc commencé à envoyer des candidatures spontanées dès le début de l’année universitaire! Vers Septembre je crois! Il me semble que j’avais eu l’entretien et la réponse comme quoi j’étais acceptée pour mon stage courant Octobre. J’avais alors immédiatement commencé à réunir tous les papiers pour la demande de Visa… que j’ai obtenu en Janvier suivant, deux semaines avant mon départ!!! Le stress, j’avais cru qu’il n’arriverait jamais! Donc mon conseil : postulez longtemps à l’avance, pas à la dernière minute!

 

Si un stage dans le FLE en pays étranger n’est pas rémunéré, est-il possible de trouver des petits boulots pour compenser?

Ca dépend. En dehors de l’Europe, je ne pense pas, à cause des Visas. Mon visa de travail canadien par exemple spécifiait bien que je n’avais le droit de travailler que dans l’école où je faisais mon stage! Mais en Europe, j’imagine que ce n’est pas un problème!

Arrives-tu à systématiser certaines parties de ton activité de prof? Par exemple, as-tu des questionnaires pour tes nouveaux apprenants qui veulent prendre des cours avec toi afin de cerner leurs besoins? Ou alors, as-tu des fiches pédagogiques déjà prêtes et qui servent pour beaucoup de cours?

Pour les nouveaux apprenants, oui je sais exactement comment tester leur niveau et savoir où ils en sont, j’ai mes propres documents mais c’est aussi un travail qui se fait à l’oral.

Et sinon, oui j’ai beaucoup de fiches pédagogiques, livres et documents que j’utilisent pour de nombreux cours, j’ai constamment fait des photocopies, scans, recherches, pour me créer ma propre base de données, et ce depuis que j’ai commencé à enseigner! 

 

Est il possible de donner des cours et en même temps de travailler sur des projets d’écriture comme la création de cours?

A moins que vous travailliez dans une école avec un livre bien précis à suivre, vous serez alors toujours amené à créer vos cours. Personnellement, j’en ai des classeurs entiers (stockés encore chez ma mère, merci maman!) et des fichiers partout sur mon ordi. Et honnêtement, j’aimerais beaucoup un jour créer ma propre méthode d’enseignement et, soyons fou, publier mon propre livre d’enseignement, de pédagogie et d’exercices! Mais ça demande je pense énormément de temps et de motivation! Donc oui, je pense que c’est possible, et si un jour je me lance pour de bon dans ça, je vous le dirai 😉

Donnes-tu des cours spécifiques de préparation à des examens de français?

Je n’ai jamais passé la fameuse certification DELF, donc je ne peux pas être correcteur officiel. Par contre, oui, j’ai déjà donné des cours de préparation au DELF. Et depuis que je travaille dans une école de langues à Narbonne, j’ai même donné des cours de prépa pour l’examen anglais du TOEIC!

 

Quels sont les avantages et les inconvénients du métier?

Le gros avantage, c’est de pouvoir travailler et voyager, c’est indéniable. J’adore aussi le fait que je peux enseigner loin des salles de classe pleine d’ados, car ce n’est vraiment pas mon truc! C’est vraiment gratifiant également d’enseigner la langue à des gens motivés qui veulent être là, et vous rencontrerez énormément de gens dans votre pays d’accueil, ce qui vous permettra finalement de mieux découvrir le pays, c’est tellement enrichissant!

Par contre, le gros inconvénient, c’est clairement la précarité. C’est à vous de prendre en charge vos frais de voyage visas et assurance quand vous changez de pays, il y a rarement de primes de fin de contrats, pas de bonus, vous ne cotisez pas pour votre retraite lorsque vous travaillez à l’étranger, vous n’avez probablement pas le droit à la sécurité sociale de votre pays d’accueil… et surtout, malheureusement, le salaire est très souvent au raz des paquerettes, même si vous prenez en grade. Je vous invite à lire l’article de Kenza, ancienne prof de FLE qui a décidé de changer de métier justement à cause de la précarité.

 

As-tu eu la possibilité d’évoluer dans le métier de Prof de FLE?

Si vous enchainez les expatriations et changez de contrat tous les ans, peut-être pas. Mais si vous décidez de rester quelque part, alors oui c’est possible! Quelques exemples concrets : chargé de recrutement pour Kenza citée précédemment, et carrément co-directrice en Angleterre pour une de mes copines (coucou Claire!). En ce qui me concerne, je suis même devenue responsable pédagogique dans l’école où je travaille à Narbonne, alors que je n’y travaille pas à temps plein! Donc en plus de donner des cours, je m’occupe des tests de niveaux, des programmes, des dossiers… et c’est franchement bien de faire quelque chose de différent pendant quelques heures par semaine!

Combien gagnes-tu?

Aaahhh, la fameuse question du salaire! J’ai déjà mentionné que un aspect négatif du Prof de FLE, c’est la précarité!!! Après, ça dépend des écoles et des pays! En France, les salaires ne sont malheureusement pas très hauts… Je sais que c’est le cas également au Portugal, mais le coût de la vie est différent, donc finalement c’est possible d’avoir un salaire te permettant de vivre si tu es au Portugal. En Australie, les salaires sont super hauts, mais bon le coût de la vie est monstrueux là bas… Bref, ça dépend!

Concernant mes expériences, mon stage en Pologne n’était pas rémunéré. Mon stage au Canada n’était officiellement pas rémunéré non plus mais j’avais une petite indemnisation (400 dollars par mois) et j’avais aussi deux bourses (ma bourse d’étudiante et une bourse du conseil général, je vous en avais parlé ici). Pour mon année en Angleterre avec le CIEP, je touchais 1000 livres sterling par mois. Pour mes cours comme Freelance, mes tarifs ont souvent changé, mais il m’est arrivé de gagner 30 dollars de l’heure… mais aussi 70 dollars de l’heure! Et en France, ça dépend vraiment des écoles, ça peut aller du SMIC au double du SMIC…

 

Es-tu satisfaite de ton travail, et pourquoi?

Oh oui! Grâce au FLE, j’ai vécu dans cinq pays différents, j’ai beaucoup voyagé, j’ai rencontré énormément de locaux qui m’ont permis de mieux découvrir mon pays d’accueil, j’ai eu des étudiants de tous les continents lorsque j’ai travaillé dans une école de langues de Toulouse et c’était culturellement parlant une experience incroyable. J’adore le fait que je découvre de nouvelles choses à chaque cours grâce à mon métier, que ce soit culturel, grammatical… C’est enrichissant, gratifiant, vraiment drôle aussi (un jour il faudra que je vous publie un bêtisier XD).

Bref je suis vraiment heureuse d’avoir découvert ce métier, même si ce fut par le plus grand des hasards! Est ce que je vous recommanderais de faire ce métier? Je ne sais pas, car cela reste très précaire, et quelque chose que je n’ai pas encore mentionné est qu’il m’est arrivé de jongler entre plusieurs boulots, notamment en Australie et en France, pour arriver à un salaire décent, voir normal à la fin du mois. Mais est ce que je regrette d’avoir choisi cette voie? Absolument pas! 🙂

6 thoughts on “FAQ : L’enseignement du FLE.”

  1. Hello,

    Merci pour cet article !
    Je suis étudiante en M1 FLE, et tous ces articles pratiques m’intéressent beaucoup 🙂

    Je me demandais si tu comptais un jour écrire un article sur ta méthodo pour rédiger les fiches, te constituer une base de données, etc. Bref, pour nous en dire plus sur ton organisation pro interne. Quels livres conseillerais-tu par exemple ?
    J’espère que tu pourras en effet partager un jour ton savoir dans un livre à ton nom. D’autant que tu as de l’expérience en présentiel comme à distance; c’est donc un plus.

    1. Bonjour Ludivine! Merci beaucoup pour ton commentaire, je suis contente de savoir que mes articles pratiques peuvent aider de futurs profs de fle !!
      Je pense effectivement parler de mon organisation et ma méthodo dans un article un jour. Mais en attendant, je peux déjà te recommander les livres Alter Ego que j’apprécie beaucoup, ainsi que la Grammaire progressive du français si tu as des étudiants accros aux exercices de grammaire! Le livre Taxi est pas mal pour les grands débutants aussi 😉
      Bonne continuation à toi!

      1. Merci beaucoup pour ces références !
        En attendant the article 🙂

        Je pense en effet que les conseils et expériences (bonnes et mauvaises) des uns sont utiles pour les autres, et donc valent la peine d’être partagés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *