Oui, j’ai décidé d’appeler cet article Bilan “en demi-teinte” car tout n’est clairement pas positif et tout rose dans mon entreprise. Ca sentait même tellement le moisi l’année dernière à la même époque que je n’avais même pas rédigé d’article pour le troisième anniversaire de mon entreprise, mais c’était surtout car je n’avais plus assez de temps à y consacrer… car j’avais également accepté à cette époque un job à temps plein dans l’enseignement à coté. Mais aujourd’hui, quatre ans après sa naissance et après de nombreuses montagnes russes, mon petit business est toujours là!

J’ai plutôt envie de faire un bilan global de ces quatre années de Freelance et pas seulement de cette dernière année écoulée car finalement, mon entreprise depuis ces dix-huit derniers mois, depuis mon retour en France, n’est pas forcément représentative de tout ce que j’ai pu accomplir depuis que je me suis lancée dans l’auto-entreprenariat. C’est parti!

En relisant mes articles de Bilan première et deuxième année, il en ressort clairement plusieurs phases depuis la création de mon entreprise :

La naissance :

Pendant environ un an et demi, de Mars 2015 à courant 2016, c’était vraiment la phase découverte et apprentissage : je donnais mes cours en face à face dans toute la région de Margaret River en Australie Occidentale, où j’étais basée à l’époque, j’avais quelques semaines par ci par là où j’étais vraiment surbookée, où je donnais plein de cours, partout, tout le temps… mais la plupart du temps mon emploi du temps me laissait du temps libre pour m’occuper de tout l’aspect “administratif” : paperasse, comptabilité, apprentissage de la publicité via les réseaux sociaux… j’avais aussi le temps de bien préparer mes cours, toujours chercher de nouveaux documents, suivre des formations

 

Les plus beaux jours de mon entreprise à ce jour :

Courant 2016, je ne saurais pas vraiment donner une date exacte (il faudrait que je regarde en détails mes salaires mensuels) jusqu’à mi 2017, j’ai bien envie de dire que mon entreprise était au beau fixe : la machine était lancée, je gagnais plutôt bien ma vie, j’ai pu m’offrir les services d’une “employée” pendant quelques mois qui m’a aidée avec mon site web pro et mon identité visuelle pour ma publicité (et aussi pour mon blog, coucou Adou si tu passes par là!), je donnais beaucoup de cours de FLE général mais je commençais aussi à donner des cours d’anglais et aussi des cours de FLE spécialisés dans l’oenologie… Bref, c’était la belle vie pour ma petite entreprise!

C’était aussi la période où la fin (temporaire) de la vie en Australie commençait à se profiler, où je savais que j’allais revenir en France. J’avais donc beaucoup axé ma publicité pour promouvoir mes cours sur Skype au lieu du face à face auquel mes étudiants étaient habitués, et je pensais sincèrement que mon retour en France n’allait pas affecter mon entreprise et que je pourrais toujours donner les mêmes cours aux mêmes étudiants par caméra interposée.

 

Le retour en France :

Mais je m’étais bien plantée… Je suis revenue en France et mes cours ne se sont pas passés comme je le pensais. Ils ne se sont juste pas passés, point barre. Je suis passée de plus de 20 heures d’enseignement par semaine en face à face, à… trois heures d »enseignement par semaine via Skype. Il s’avérait que la majorité de mes étudiants australiens n’étaient pas intéressés par les cours en ligne, tout simplement. Le message “Je préfère attendre que tu reviennes en Australie pour reprendre les cours avec toi en face à face” apparaissait régulièrement dans ma boite mail. Après plusieurs semaines d’activité minimum, et aucun nouvel étudiant trouvé dans la région paumée où je vivais à ce moment là (quatre mois dans les Corbières au fin fond de l’Aude), j’ai du me rendre à l’évidence : il me fallait vraiment trouver un emploi complémentaire en France.

Mais cette recherche d’emploi en plus en France ne s’est pas non plus passée comme je l’espérais et j’ai passé près de quatre mois, de Septembre à Décembre 2017, à tourner en rond chez moi comme un lion en cage à me demander comment j’allais pouvoir retrouver de nouveaux étudiants et / ou un job en France. On m’a finalement proposé un poste comme Prof d’anglais contractuelle, quatre mois après mon retour en France, juste après mon déménagement dans la région de Beziers où je suis toujours aujourd’hui. Boulot que j’ai accepté car mes cours en collège étaient concentrés sur quatre jours de la semaine et cela me laissait donc un jour dans ma semaine pour ma micro-entreprise et mes quelques cours sur Skype.

 

Prof à temps plein en France avec un jour par semaine pour mon entreprise :

Pendant les six mois de mon contrat dans l’Education Nationale, de Janvier à Juillet 2018, je m’occupais toujours de mon business mais seulement un jour par semaine. Je n’avais plus le temps de faire autre chose que mes quelques cours sur Skype et mon job comme Prof en France, je n’avais même plus de temps à consacrer à mon blog (je vous en avais parlé notamment ici). Je ne faisais QUE bosser, et la majorité de mon temps était consacré à un emploi qui je le savais ne me convenait pas (si j’avais vraiment voulu travailler dans l’Education Nationale, je ne me serais pas embêtée, j’aurais passé le Capes il y a bien longtemps et basta).

Une fois mon contrat avec l’Education Nationale fini, suivi de quelques semaines de vacances, j’ai décidé de retater le terrain et de voir s’il n’y avait pas moyen de relancer mon business. Nous étions à ce moment là en Août 2018, j’ai écrit à plusieurs étudiants australiens dont je n’avais plus de nouvelles, j’ai refait de nouvelles cartes de visite que j’ai distribuées dans ma région (j’étais alors basée donc à Beziers et à cause de mon emploi dans l’Educaion Nationale je n’avais jamais eu l’occasion de prospecter dans ce coin de la France)

 

La renaissance de mon entreprise, mais toujours à temps partiel :

A ma grande surprise, la sauce a repris : j’ai reçu de nombreuses demandes de cours, en présentiel à Beziers et sur Skype depuis l’Australie, et en moins d’un mois, mon entreprise était à nouveau en marche et j’avais presque un équivalent du Smic à la fin du mois.

En Septembre 2018, alors que je faisais des recherches en ligne pour trouver de nouveaux cours à donner, je suis tombée par hasard sur le site web d’une école de langues située à Narbonne. Au culot, j’ai appelé l’école pour demander s’ils avaient besoin de profs pour donner des cours pendant les après-midis, mes cours sur Skype étant concentrés sur les matinées. Coup de bol, j’ai été immédiatement recrutée pour donner des cours d’anglais et de FLE à des particuliers en cours individuels. Voilà comment je me suis retrouvée salariée et Freelance en France,  tout en ayant le temps de m’occuper de mon entreprise et de ne pas passer toute ma vie qu’à travailler!

 

Et aujourd’hui, concrètement, comment ça se passe?

Six mois après avoir remis mon business à flot et trouvé des cours supplémentaires à donner à Narbonne… et bien ça va plutôt bien je dois dire! J’adore la variété des cours que je donne, que ce soit mes cours de FLE sur Skype, ceux que je donne en présentiel autour de Beziers, ou encore les cours d’anglais et FLE que je donne à Narbonne avec des élèves motivés, loin des petits merdeux de collèges français. Mon challenge : trouver le bon équilibre entre mon business et mes cours à Narbonne : je ne souhaite pas que mon travail à Narbonne prenne le dessus sur mon entreprise et que je doive refuser des cours sur Skype car mon emploi en France me prend trop de temps, comme lorsque je travaillais dans l’Education Nationale.

Par exemple, je souhaiterais avoir une demi journée par semaine où je pourrais travailler que sur mon business mais pas sur l’aspect enseignement : je souhaiterais développer des cours à télécharger, créer ma propre méthode d’enseignement (et la publier un jour, on a le droit de rêver), peut-être retravailler un peu ma présence en ligne (mes comptes pro Instagram et Facebook sont en berne, et mon site pro n’a jamais eu beaucoup de visites et il est aujourd’hui complètement à l’abandon, hum…) mais à l’heure actuelle, je n’ai le temps que pour l’enseignement, d’où ce besoin de trouver rapidement un meilleur équilibre… on verra bien si j’y arrive!

Pour moi ce bilan reste positif car même si je ne vis plus que de mon entreprise, elle est toujours là, elle tourne quand même bien, et je suis toujours pleine de projets pour continuer à l’améliorer! Ces derniers mois, j’ai regardé beaucoup de vidéos de Emilie, Copywriter et auto-entrepreneuse, et première participante de mes Freelances Invités, vidéos où elle parle beaucoup d’entreprenariat et où elle mentionne que les micro-entreprises, c’est comme les relations amoureuses, avec le fameux cap des trois ans. Ma petite entreprise aura eu du mal à passer ce cap, mais aujourd’hui, quatre ans après m’être lancée, je peux quand même souhaiter un Happy Anniversary à mon petit business!

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