Cela fait maintenant plus d’un an que cet article traine dans mes brouillons : j’ajoute quelques phrases, j’enlève des paragraphes entiers… mais aujourd’hui, enfin je me décide à le publier et à vous parler de mon retour en France après cinq ans et demi d’expatriation dont plus de trois ans en Australie.

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Mais d’abord, petit récapitulatif de mes expatriations depuis que j’ai tout lâché en France :

De Janvier à Juillet 2012 : Halifax au Canada comme Prof de FLE stagiaire pendant 6 mois.

Juillet à Septembre 2012 : un été à Castres que je ne considère même pas comme un retour en France car j’ai passé la majorité de l’été cloitrée chez ma maman à écrire mon Mémoire de Master (avec quand même des petites vacances au Kosovo!).

De Septembre 2012 à Juin 2013 : Lowestoft, petite ville dans l’Est de l’Angleterre, en tant qu’assistante de français, pendant une année scolaire. Une année qui m’aura permis de vraiment découvrir l’Angleterre mais aussi l’Ecosse, sans oublier mes vacances au Portugal et mon retour à Dublin pour la première fois depuis l’année où j’y avais vécu en 2008.

De Juin 2013 à Juin 2014 : L’Australie en PVT, avec visite d’autres pays (Dubai, Nouvelle Zélande et Singapour).

De Juin à Décembre 2014 : Petit retour en France de 6 mois, basée à Toulouse dans un studio meublé où je n’ai fait que travailler, travailler, et redécouvrir un peu la France, tout en sachant que ce retour n’était que temporaire. Je vous avais parlé de ce retour en France avec succès ici, ainsi que de mon travail dans une école linguistique de Toulouse là.

Décembre 2014 à Juillet 2017 : Retour en Australie, posée dans le sud ouest, pendant deux ans et demi, à vivre une vie finalement assez sédentaire tout en dirigeant ma micro-entreprise. Avec mon chéri, un visa de partenaire, une maison, des petites vacances en France en solo tous les ans, et des gros voyages chaque année aussi, à Hawaii en Juin 2015, et sur la côte ouest des Etats Unis en Mai 2016 notamment.

Pfiou! Quelle liste! Et encore, c’est sans mentionner tous les voyages faits avant que je lâche mon appartement français, avant 2012 donc! (fouillez dans les différentes catégories du blog pour en savoir plus!)

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Mon retour en France depuis Juillet 2017 peut lui peut se diviser en plusieurs périodes :

Juillet et Août 2017 : deux mois absolument fous à organiser mon mariage à Castres.

Août à Novembre 2017 : quatre mois basée à Fabrezan, village perdu au fin fond de l’Aude, où mon chéri était à cette époque en CDD. J’ai alors essayé, sans grand succès malheureusement, de maintenir mon business, puis de chercher du travail comme prof de FLE en France, sans succès également.

De Décembre 2017 à Juin 2018 : basée dans la région de Beziers (j’y suis encore aujourd’hui), j’ai travaillé comme prof d’anglais contractuelle à temps plein tout en ayant mon business à temps partiel, six mois avec un rythme de travail vraiment fou dont je vous avais parlé ici.

Juillet, Août 2018 et encore aujourd’hui : quelques semaines en début d’été à voyager en France et en Irlande, puis à remettre sur pied mon business, cette fois-ci avec succès!

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Maintenant, on passe en revue ces quatre étapes de mon retour :

La folie à Castres :

Les deux premiers mois de mon retour, j’étais dans une jolie petite bulle, avec mes retrouvailles avec ma famille et mes amis, ma belle-famille australienne venue découvrir ma région d’origine en France, mon mariage, puis quelques semaines où j’ai vraiment adoré prendre du temps pour moi et me reposer dans mon nouvel appart fourni par le travail de mon chéri dans la campagne du sud ouest de la France, entre Narbonne et Carassonne pour ceux qui veulent réviser leur géographie de la France.

 

Le calme dans l’Aude :

Puis, courant Septembre, je me suis remise au travail… enfin, j’ai essayé… J’avais environ trois étudiants d’Australie qui continuaient leurs cours de FLE avec Skype (autrement dit : presque que dalle). J’ai contacté d’autres anciens étudiants, mais ils n’étaient pas intéressés pour continuer leurs cours en ligne. J’ai essayé de trouver de nouveaux étudiants en France, mais l’Aude, c’est mort, et pauvre, personne n’a manifesté le moindre intérêt pour mes leçons de FLE ou même d’anglais. J’ai obtenu quelques jobs ponctuels en traduction et rédaction de contenus web mais qui ne se sont pas poursuivis. J’ai alors cherché du travail en école, dans le FLE, puis en postulant comme Prof d’anglais contractuelle : nada. Je pense que ce fut la seule période un peu négative depuis mon retour. Je viens de relire les articles de blog que j’avais écrit à l’époque : à ce moment là, j’en avais marre de me prendre des refus plein la figure, de tourner en rond chez moi et de voir le compte en banque descendre inexorablement vers le rouge…

 

A fond dans le taf dans l’Herault :

Puis mon homme a eu une proposition d’embauche dans la région de Beziers, et là ce fut la grosse discussion et prise de décision : qu’est ce qu’on fait? On reste en France en croisant les doigs pour que ça marche mieux pour moi dans l’Herault professionnellement? On retourne en Australie? On n’a pas encore d’attache, on devrait pas plutôt en profiter pour partir sur un autre continent qui nous fait envie ou un autre pays qu’on ne connait pas encore??? Après des semaines à peser le pour et le contre, on a finalement décidé de rester en France. Pour tout vous dire, on a joué la carte de la sécurité car on devait faire attention à nos finances, donc on a choisi l’option où on était sûrs que l’un de nous aurait un travail à temps plein et bien payé.

Et puis, à peine une dizaine de jours après notre aménagement dans l’Herault, j’ai obtenu un poste comme Prof d’anglais contractuelle, je vous en ai parlé ici. J’ai alors commencé mon travail dans un collège français en janvier 2018. Après avoir passé trois mois à ruminer dans l’Aude, je me suis retrouvée avec 25 heures de cours par semaine au total avec mes cours sur Skype, avec environ le même nombre d’heures à préparer mes cours et assister aux réunion et faire les tâches administratives qu’un prof de l’Education Nationale doit inclure dans son emploi du temps. J’ai littéralement passé six mois à travailler, travailler, travailler, et voyager un peu, avec des weekends par ci par là en France et quelques vacances européennes (j’y viens!)

 

Ma micro-entreprise : le retour!

Fin Juin, j’ai fini mon travail comme contractuelle et je suis partie en vacances.

Et enfin, en Août, je me suis assise à mon bureau, dans mon appart, et je me suis fixée l’objectif de remettre enfin mon business à flot, commencer de nouveaux cours avec de nouveaux étudiants. Vivre à Beziers depuis neuf mois à ce moment là m’avait permis de réaliser que j’avais beaucoup plus de chance de trouver de nouveaux étudiants en cours particuliers que dans l’Aude, j’avais déjà eu des offres de cours particuliers sur Beziers sans avoir à prospecter! De plus, plusieurs anciens étudiants d’Australie, réalisant que je ne suis pas encore prête à revenir y vivre, se sont alors dit que oui, ils pourraient faire un essai de cours sur skype. Tous ces potentiels cours se sont transformés en cours réguliers, et je donne à l’heure actuelle une douzaine d’heures de cours par semaine (à peine un peu moins que ce qu’un prof agrégé en France ferait), et j’ai atteint le salaire que je m’étais fixée pour le mois d’Août : presque 1000 euros net. Pour un premier mois de remise à flot, sans avoir encore vraiment prospecté, et qui plus est en Août qui n’est pas forcément le mois le plus prolifique pour les freelances basés en France, je trouve que ce n’est pas si mal! Et depuis, ça continue à bien évoluer!

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Puis, en vrac :

Finalement, il s’avère que la vie dans la campagne française, avec ma famille et mes amis à deux heures de route à peine, beh ça nous plait bien! J’aime aussi à quel point c’est calme (je vous ai déjà dit à plusieurs reprises que j’aime de plus en plus la vie à la campagne!), ça me rappelle beaucoup la vie simple et paisible que j’avais en Australie. Et deux heures de route pour aller voir famille et amis, après des années passées en Australie où les distances sont décuplées, ce n’est pas énorme, et dès que je peux, je saute dans ma voiture et je vais voir le plus de copines possible en un weekend, ça reste compliqué de voir tout le monde, mais c’est toujours mieux que 24 heures d’avion.

Le retour en France après plus de cinq ans d’expatriation, c’est aussi découvrir les nouvelles chaines TV et les nouvelles célébrités et émissions françaises dont tout le monde parle mais qui n’ont bien évidemment pas traversé les frontières et les océans jusqu’en Australie. C’est aussi le réajustement aux saisons, à la canicule sans la clim, au vrai hiver avec la neige (oui, de la neige, à Beziers, ça n’arrive jamais mais forcément, l’année où nous sommes en France, on y a droit!)

Mais aussi, on apprécie les petits restos, les petits déj du weekend avec des croissants tout chauds de la boulangerie d’à coté, les sorties pas chères (je ne regrette pas les pintes australiennes à 12 dollars!), les weekends à droite à gauche, sans oublier les vols low-cost nous permettant de découvrir l’Europe très facilement et régulièrement. En fin de compte, notre vie en Australie était plus sédentaire que notre vie française!!!

J’apprécie vraiment la vie en France et surtout d’avoir une vie simple où je profite de tout ce que je peux. Je n’ai pas beaucoup de biens matériels, j’utilise tout ce que je possède chez moi, pas de superflu. Et même si de temps en temps j’aime rester chez moi et profiter de mon petit appart, j’aime surtout sauter dans ma titine et visiter tous les villages ou parcs ou autres lieux naturels près de chez moi et apprécier tout ce que cette région de France a à nous offrir (et tout le pays, voir le continent en fait!). J’ai d’ailleurs choisi des photos de ma région française pour illustrer cet article, et certains sont des villages que je ne connaissais pas du tout avant mon retour en France.

D’ailleurs, niveau voyages, le retour en France est clairement positif! En Australie, le moindre voyage était une véritable expédition (4 heures d’avion pour aller à Bali, 5 heures pour aller à Singapour ou à Sydney…) En Europe, c’est juste trop simple : que ce soit du 130km heure sur l’autoroute, le TGV, le covoiturage ou les vols low-cost… tous les moyens sont bon pour partir à l’aventure, que ce soit juste pour se balader le dimanche ou carrément pour quelques semaines de road-trip. Et c’est à chaque fois une vraie boufée d’oxygène! J’adore toujours autant être régulièrement sur la route, découvrir mon pays, changer régulièrement de département et de région, ou encore me retrouver dans un autre pays d’Europe, parfois en une heure seulement!!!

Depuis un an que je suis revenue en France, je ne suis pas sortie de l’Europe (seul bémol, ça j’avoue ça fait bizarre!) mais je suis allée aux Iles Canaries, à Barcelone, en Angleterre, à Rome, en Irlande dans la région de Cork, mais aussi dans plusieurs régions françaises, à travers tout le sud ouest, de Castres et sa région à Montpellier en passant par Albi, Toulouse, Carcassonne et tous les petits villages de cette région que vous ne connaissez peut-être pas (dans le Tarn, l’Herault et l’Aude), sans oublier Marseille, Bayonne, Bordeaux en mode dégustations de vins, le Massif Central avec la traversée de l’Aveyron et la Lozère et la visite des Gorges du Tarn, et même Paris pour la finale du Top 14… Bref, je pense vous proposer pas mal d’articles voyages sur la France, une nouveauté pour Voyages de Prof! En attendant les articles sur ces vacances, vous pouvez avoir un aperçu sur mon compte Instagram (un drôle de mélange avec les photos de ma vie à la campagne qui cohabitent avec mes photos de voyages prises bien avant que j’ai Insta ^^).

Et surtout, pour mon chéri, australien, il s’agit pour lui d’une expatriation, sa première expatriation pour une si longue durée d’ailleurs! Le fait qu’il vive son experience en France comme telle, du coup j’ai aussi cette impression d’être une expatriée dans mon propre pays! Encore plus du fait que pour la première fois je n’habite ni à Castres ni à Toulouse. Une impression étrange mais en fait très agréable, j’ai toujours l’impression de découvrir de nouvelles choses, que ce soit au niveau culinaire, culturel ou touristique… et c’est un régal!

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Et la suite?

J’avais encore beaucoup de temps libre après avoir remis mes cours en ligne ou en présentiel sur Beziers à flot pendant le mois d’Août, notamment les après-midis (tous mes étudiants australiens prennent leurs cours le matin à cause du décalage horaire), j’ai donc fait comme lorsque j’étais basée dans l’Aude et j’ai cherché quelques heures de cours d’anglais et de FLE en écoles à donner en plus. J’ai à ma grande surprise été recrutée très rapidement par une toute petite école de langues située à Narbonne, où je donne une dizaine d’heures de cours par semaine, principalement les après-midis.

Il arrive que mon emploi du temps change mais je donne en général une vingtaine d’heures de cours par semaine au total, entre le travail à Narbonne et mes propres cours, un peu moins que en début d’année lorsque j’étais à la fois contractuelle dans l’Education Nationale et Freelance. Mais j’apprécie énormément mon emploi du temps, le fait que je ne suis plus constamment entourée d’ados peu motivés, et surtout le fait que ma source de revenus principale est de nouveau ma micro-entreprise, comme lorsque je vivais en Australie, et ça, c’est une vraie satisfaction, et aussi la peuve que je peux bel et bien diriger mon entreprise de n’importe quel pays, même si cela aura pris du temps. J’ai prévu de vous parler de mon nouvel emploi du temps un peu fou très bientôt!

Et pour toutes ces raisons, comme le travail se passe bien pour moi et pour mon chéri et qu’on apprécie la vie en France et qu’on a l’opportunité de continuer à voyager, et bien pour l’instant on reste, pour une durée indéterminée !!! (on verra bien combien de temps on tient ^^)

En bref :

Les articles sur le net concernant les retours difficiles en France après des voyages au long cours ou des expatriations sont nombreux. Avec les difficultés à se réadapter, l’envie de repartir, cette impression qu’on n’a plus sa place. Ca arrive, mais je suis soulagée de pouvoir écrire un article plus positif sur le sujet, comme quoi il est possible de revenir au bercail avec succès!

Et vous? Est ce que vous avez des expériences de retour d’expatriation à partager?

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5 thoughts on “Retour en France après plus de cinq ans d’expatriation.”

      1. Si j’en crois ton smiley ca t’embête un peu du coup je l’ai légèrement changé, mais bon je peux pas mettre un titre complètement différent, y a vraiment que celui là qui est approprié… et puis les contenus de ton article et du mien sont complètement différents 😉

  1. J’ai eu la chance de vivre un an à New-York et je trouve que c’est un peu quitter notre pays pour mieux le retrouver ensuite ! On prend une plus grande conscience de la chance qu’on a, des « acquis » du quotidien qui sont en fait des privilèges, ou des véritables avantages quand on a connu d’autres pays !

    Du coup je te rejoins sur cette conclusion : le retour en France peut être une expérience très positive 🙂

    1. Tout à fait d’accord !!! Un an à New York <3 quelle experience ça a du être! Je n'y suis allée que 5 jours et j'espère y retourner bientôt!

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